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Solidarité et émotion : quand le football met les clichés hors-jeu

Découvrez notre tribune "solidarité et émotion : quand le football met les clichés hors-jeu".

Retrouvez l'article original sur Le Cercle Les Echos en cliquant ici.

Souvent décrié pour ses excès financiers, le football reste avant tout un formidable vecteur de vivre-ensemble et un unique fournisseur d'émotions.

Les idées reçues ont la peau dure. Alors que la Coupe du Monde de la FIFA bat son plein en Russie, de récents épisodes ont rappelé que le football souffre encore de certains lieux communs inhérents à son statut de « sport roi ». Certains excès, minoritaires mais désormais exacerbés par leur prolongement sur les réseaux sociaux façonnent l'opinion des publics les moins avertis. Cette vision partielle du ballon rond aboutit à la naissance d'un sentiment de rejet, motivé par des arguments ancrés dans l'imaginaire collectif, critiquant des joueurs « trop payés » pour simplement « taper dans un ballon ». A quelques heures du ¼ de finale de l'Equipe de France face à l'Uruguay, focus sur un football au-delà des clichés.

S'il est compréhensible de le percevoir comme un sport-business, le football est pourtant loin d'être le milieu élitiste que l'on dépeint. Une étude menée en 2017 par la FIFPro, a dévoilé que 41% des footballeurs ne reçoivent pas leur salaire à temps et que 45% vivent avec moins de 1000EUR par mois. Les gros salaires demeurent une minorité, l'UNFP soulignant que 25% des joueurs de Ligue 1 touchent 75% des revenus bruts distribués. De plus, au-delà de cette précarité passée sous silence par les canaux d'information grand public, le football reste un milieu attaché à ses valeurs. De nombreuses initiatives, comme le nouveau programme RSE de la LFP, « Révélons nos talents », ou le travail quotidien du Fondaction du Football symbolisent la dimension d'un football responsable, véritable locomotive vers une société plus inclusive et citoyenne. Ces résolutions illustrent la solidarité dont fait preuve le football professionnel français avec le monde amateur, qu'il soutient à travers des dispositifs de redistribution, à l'image de la taxe Buffet.

Lors des compétitions internationales, le football se pose en levier de l'activité  économique de son pays. Même si le lien entre performance sportive et croissance reste temporaire et n'est pas systématique, il existe bien un « effet football ». Ainsi, dans une étude SPORSORA OpinionWay de 2016, les français témoignent de l'influence de ces événements sportifs sur leurs habitudes de consommation : 13% indiquent consommer plus de boissons, 7% confient acheter plus de matériel sportif et 6% commandent davantage de repas à domicile. Cependant, l'impact d'une compétition de football majeure ne se limite pas à sa rationalité économique. D'autres lectures existent, plus informelles mais non moins révélatrices de l'ampleur de la discipline.  Ainsi, constater que nous étions plus d'un français sur six devant France-Argentine samedi, c'est admettre que la portée du football se mesure aussi hors des indicateurs traditionnels. Le récent cas de l'EURO 2016 confirme cette idée. En dépit de recettes dépassant le milliard d'euros, C. Lepetit du CDES explique « qu'il ne faut jamais justifier ce type d'événements par sa rentabilité. La France ne gagnera à l'Euro que si elle arrive à lui donner un héritage au-delà du mois de compétition ».

Cette notion d'héritage rappelle immédiatement le souvenir de 1998. Lorsqu'une population « black-blanc-beur » partagea ensemble la victoire sur le Brésil de Ronaldo. Garde-t-on plus de ces moments un héritage symbolique, fort en émotions et ancré dans la mémoire collective ? C'est bien sur ces rouages d'émotion, de bonheur et d'engouement populaire que le football fonctionne aujourd'hui. Bien plus qu'une simple opposition entre spécialistes du ballon rond, le football détient ce pouvoir inégalable de rassembler une nation autour de sa sélection. Selon l' étude SPORSORA OpinionWay, lors de ce genre d'événement, 85% des français éprouvent un sentiment de fierté nationale et 81% indiquent en parallèle des effets durables sur leur moral, les chiffres avoisinant même 90% pour les 18-24 ans. Une enquête de lequipe.fr lors de l'EURO 2016 confirme cette analyse, les supporters de l'Equipe de France évaluant à 8.5/10 leur niveau d'émotion pendant la compétition. Le football apporte donc à une population, plus qu'un bonheur durable, une joie de l'instant et des souvenirs inoubliables. C'est de ce vecteur que s'emparent aujourd'hui certains sponsors. A l'image de la campagne EDF valorisant la force de « l'énergie » ou de l'activation « passeur d'émotions » initiée par Orange, les acteurs sont conscients que fédérer à travers l'intime et la famille donne du sens à leur action. Ce sont tous ces aspects immatériels, cette propension unique à faire appel à nos émotions, au partage, au supporter qui sommeille en chacun de nous qui érigent le football en fait social à part entière, bien au-delà de sa simple nature sportive. Pour les plus sceptiques, il n'est donc jamais trop tard pour se faire plaisir : allez les Bleus !

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